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PORTRAIT LI
FRED THE BANKABLE
Frédéric Eude est une valeur
sûre, une valeur foncière, une valeur refuge du RCPA : notre banquier
n’est pas du genre à rouler sa Caisse ni à s’Epargner ; aussi à l’aube de
ses quarante printemps (le 23 de ce mois), notre « porte-monnaie » ne
s’est jamais économisé rugbystiquement bien sûr : arrivé en minime après
quelques campagnes d’athlète comme sprinter, il a connu une carrière de
« trader » remarquable à son poste de prédilection : talonneur,
le talon d’or vaut bien la toison
frisée, crépue et grisonnante qu’il arbore fièrement.
Comme bon nombre de ses
équipiers de l’époque ( Bertrand Lecacheux, Stephane Vivier,
Paul Mouchel…), il
participa à la première épopée du lycée Prévert aux championnats de France UNSS
et encore aujourd’hui, quand il le peut, il fait, sur une patte, les beaux
jours de l’équipe 2 : il était encore de sa qualification pour la finale à
Yvetot : son expérience, sa connaissance du jeu et sa roublardise furent
déterminantes-il n’est resté sur le pré que quelques instants-.
Pas très grand, pas trop lourd,
râblé et mobile, adroit, intelligent avec le ballon, volontaire, percutant et
perforateur, efficace en défense, Fred n’était pas du genre à jouer les
pleureuses et au fauteuil d’orchestre : vous ne l’entendiez jamais
critiquer l’arbitrage, jamais invectiver l’un de ses partenaires, jamais
reprocher une faute de son adversaire, flegmatique et discret, un exemple pour
une équipe, un leader naturel qui protège, qui avance et qui positive : un
crédit d’humilité favorable et indispensable : sa présence rassurante et
silencieuse en impose. Sa seule occasion récurrente de se mettre en avant,
c’était dans le car, lorsque ses amis le poussaient à entonner tous les
couplets de sa chanson préférée, les Champs-Elysées de Joe Dassin pour partager
un moment convivial de « Totor et Mimile ».
Sa carrière en retrait et en
espèces, il s’engagea à la maison du rugby, devint le trésorier du club, ne
comptant pas ses heures, il est avec son compère Manu de la Caisse d’Ep,
l’organisateur du traditionnel repas annuel des anciens, un aide de Did pour
les mémorables 40 ans, une Société Générale qui le pousse à s’investir et cette
année pour Loulou, son compère de toujours, il est revenu ponctuellement donner
un coup de main précieux à l’équipe 2 mais aussi et surtout pour accompagner
son Jules à l’école de rugby.
Marié à Sandrine, père de Joséphine et Jules,
il coule des jours paisibles, sans solde et découvert : il amortit ce
précieux placement sans frais en leur consacrant plus de temps, prélevant
quelques moments auprès des amis aux débits plus liquides pour profiter d’une
vie de famille qu’il privilégie sans débours ni dettes, sans agios ni adagio
d’ailleurs. Pour quelques pièces supplémentaires, il s’est fait débaucher par
un concurrent, une carte sans visa pour le Crédit Agricole qui le convoitait
pour toutes les qualités précitées…un chèque en blanc que le RCPA avait déjà
placé dans son coffre-fort sans virement, sans transaction : tout bénéfice
pour notre communauté de l’ovale.
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